Août-Septembre 2018 – Le Bilan

Bonjour à tous.tes !

Après plus d’un mois d’hibernation due à la frénésie de la rentrée, le blog reprend du service et renaît de ses cendres ! Et quoi de mieux que de commencer par un petit bilan des deux mois écoulés ? De août à novembre, c’est la très grosse période de sortie en librairie (Noël, Noël… !) et ça se ressent sur mes lectures ! Au total, 211 BD, BD jeunesses, comics et mangas lus ces deux derniers mois. Pfiou ! Évidemment, avec une telle quantité, c’est pas forcément toujours la qualité qui ressort mais je retiens tout de même de très belles lectures sur ces deux mois.

Des coups de cœur ?

Oui, et heureusement ! Quatre coups de cœur au total pour trois romans graphiques et un comics.

  • Phoolan Devi – reine des bandits; Le premier coup de cœur, qui reste LE coup de cœur de cette rentrée pour l’instant c’est Phoolan Devi. Une BD incroyable qui retrace la vie de cette femme non moins incroyable qui est partie de la caste la plus basse d’Inde pour terminer député. Un destin juste dingue ; à la fin de notre lecture, on ne rêve que de prendre les armes et de la rejoindre dans son combat ! (chronique à venir)
  • Amour minuscule; Deuxième très gros coup de cœur ! J’avais déjà eu un coup de cœur pour Le Port des marins perdus, leur précédent album et le talent de ce couple d’auteur italiens se confirme de nouveau avec ce roman graphique dense et magnifique sur la famille, l’exil, la religion, l’héritage… bref, sur la vie. (chronique à venir).
  • Moi en double ; magnifique témoignage de Navie sur son rapport au corps et son combat contre l’hyperphagie. Un témoignage sans faux-semblant, d’une grande sincérité. (chronique à venir)
  • Motor Girl ; où l’on suit la réadaptation à la vie d’une soldate américaine, tout juste rentrée et qui vit désormais dans une casse automobile en plein milieu du désert. C’est beau, drôle, touchant, triste et complet. (chronique à venir)

On retient quoi d’autre ?

  • Hiver indien ; une BD très belle et très douce sur la famille, la place que l’on occupe dans la famille et la confiance en soi !
  • Underwater ; un manga en deux tomes sur les souvenirs et la famille qui n’est pas sans rappeler la délicatesse (tant graphique que scénaristique) d’un Jiro Taniguchi.
  • Loup ; Une BD sombre qui fouille les méandres de la psychologie humaine et du traumatisme. Très bien faite, très bien menée, elle nous tient en haleine tout du long !
  • L’Odyssée d’Hakim Tome 1 ; un mix entre BD témoignage et BD reportage : Fabien Toulmé a rencontré pendant plusieurs mois Hakim, un jeune syrien réfugiés en France. Il nous raconte ici le début de son parcours avec une grande délicatesse.
  • Malaterre ; Un personnage principal détestable, pur escroc, menteur, manipulateur qui nous embarque à ses côtés dans ses combines. On l’adore autant qu’on le déteste ! Une très bonne BD sur les relations père-enfants, sur le monde du travail et le colonialisme.
  • RIP Tome 1 ; une BD bien glauque, bien noire avec un scénario très bien mené tout du long. Tout se joue sur l’ambiance, le rendu est génialement inattendu !
  • L’âge d’or ; Un superbe graphisme pour une geste chevaleresque classique mais dont les personnages, très intéressants, apportent une épaisseur nouvelle. J’ai hâte de voir comment le deuxième clôture tout ça !
  • Noise Tome 1 ; le nouveau Tsutsui commence très fort, j’ai hâte de découvrir la suite. Un polar psychologique comme il sait si bien faire !
  • Kraken ; je n’attendais rien de ce polar maritime et pourtant, je me suis totalement laissée embarquer et surprendre. Les personnages sont très bien campés, le scénario ne se dévoile qu’à la toute fin pour mieux nous surprendre. Une excellent surprise !
  • Marion Tome 1 ; un manga qui sera en deux tome sur une gavroche Édith Piaf des temps moderne. Intéressant tout ça et le premier démarre très fort !
  • Et il foula la terre avec légèreté ; une BD écologique sur les terres encore sauvage et feutrée de la Norvège. Un pur régal pour les yeux ! Et une belle réflexion derrière !
  • Chronoctis Express ; Un manga français sur l’Au-Delà dont je n’attendais rien et qui a su me surprendre. J’aime beaucoup l’univers et les personnages et je me suis totalement laissée embarquée dans l’histoire malgré une ou deux facilités. À voir comment tout cela évolue mais c’est prometteur !
  • Petit Robot ; une pépite jeunesse très graphique sur l’amitié, la différence et la tolérance. À mettre entre toutes les jeunes mains !
  • Chiisakobé ; Un graphisme épuré, un scénario délicat, des personnages originaux. Il ne m’en fallait pas plus pour être embarquée dans ce manga social ! La suite promet d’être encore meilleure !

Et les suites : Jim Hawkins Tome 2 ; Dept. H Tome 3 ; Charlotte et moi Tome 3 ; Radiant Tome 6 à 10 ; SuperS Tome 4 ; Bergères Guerrières Tome 2 ; Aubépine Tome 2. Toutes excellentes et aussi bonnes que les premiers tomes (voire meilleures pour les Radiant, par exemple). Des séries à suivre assurément !

Des Patate d’Or ?

Comme toujours, hélas.

  • Juice ; je dois confesser que je n’ai pas tout compris. La temporalité n’est pas claire, les personnages non plus. C’est creux, trop rapide (et trop lent en même temps) et il ne se passe rien. Mais ce n’est même pas contemplatif pour pouvoir apprécier ce rien. Bref, je suis totalement, mais alors totalement passée à côté.
  • Dr. Stone ; bon, définitivement, je ne suis pas le public cible des shonen. Surtout pour un shonen comme celui-ci où priment la surenchère et l’exagération. Tout m’a gonflé ici : les personnages, l’histoire, les facilités, les décisions des personnages… j’ai bien compris que ce côté too much était volontaire mais pour moi c’est mal mené et ça tombe à plat.
  • Superman ; une fois encore on est ici face à une BD sans la moindre émotion, qui ne dégage rien, dont le scénario est inexistant, avec des personnages creux et des situations caricaturales. Un raté absolu.
  • Bugz ; une fois encore on est face à une BD jeunesse où tout va trop vite, où l’humour est lourd, les personnages creux (parce que pas assez approfondis) et le scénario beaucoup trop facile. Je n’ai pas du tout aimé alors même que l’univers aurait eu du potentiel. Dommage.
  • De la nécessité d’avoir un ours chez soi ; une BD trop réaliste pour que l’absurde du scénario fonctionne et trop absurde pour que le côté réaliste nous touche. Pour moi, tout tombe à côté du début à la fin. Vite lu, vite oublié.
  • L-DK ; je me contenterai de dire que je ne suis pas du tout le public cible des shojos. Surtout de ce genre de shojos classiques, sexistes, niais, faciles et grotesques.
  • Le chemisier ; son précédent Une sœur m’avait laissée de marbre (oui, je dois bien être une des seules). Ni apprécié, ni détesté. Celui-ci par contre m’a gonflée. C’est plat, sans émotions, vide, facile, caricatural et mal mené. Je m’attendais à passer à côté mais pas à ce point. L’idée de base est plutôt bonne (ce chemisier qui change le regard de cette fille sur elle-même et le regard que les autres lui porte) mais alors le traitement… on repassera, hein.
  • Soul Eater ; Du fan service, du fan service, du fan service, du fan service (comprendre : des femmes à poil toutes les deux pages sans la moindre raison). Des blagues lourdes, des personnages gonflants et caricaturaux, des dialogues bâclés… c’est con parce que l’idée de base est sympa. Mais alors c’est bien la seule chose à garder ici, pour moi.
  • Fire Force ; pour le coup, mon avis ici est exactement le même que pour Soul Eater (avec peut-être un tout petit peu moins de fan service. Mais à peine…). Personnages caricaturaux, situations grotesques, blagues lourdes. Je n’ai pas du tout adhéré.
  • Dodo ; le thème du divorce semble à la mode pour cette rentrée en BD jeunesse. L’idée de métaphoriser le mal-être de la gamine qui subit le divorce de ces parents est classiques mais efficace. Par contre, la manière de traiter ça est cliché, bateau et sans intérêt. Dommage !
  • La petite fille qui voulait voir la guerre ; C’est facile, cliché, trop rapide et pas crédible. En soit, la BD pourrait passer mais il existe déjà tellement de BD sur la première guerre mondiale (et tellement meilleure) que celle-ci brille par son inutilité (oui je suis dure…).
  • Les Mythics Tome 3 ; j’avais trouvé les deux premiers faciles et moyens mais bon y avait pire. Ce troisième tome par contre n’est pas passé. Le personnage principal est gooooooonflant, les situations grotesques, le scénario est expédié en deux minutes. Pour l’instant, chaque tome est moins bon que le précédent, je crains le quatrième. Et que sera le sixième à ce rythme… Ok c’est de la jeunesse, mais faudrait voir à ne pas trop se moquer des lecteurs tout de même. C’est vraiment tous ce que Sobral et Lyfoung ont été capable de faire ? Quelle déception !

Et du côté des romans ?

Un coup de cœur pour Tropique de la violence. Le style, l’histoire, les personnages, la noirceur, la narration en roman chorale… j’ai tout aimé. Un roman court mais hyper dense !
Je retiens aussi Kushiel que j’ai beaucoup apprécié notamment pour la qualité de la langue (et de la traduction, donc). Un roman de fantasy géopolitique complet et complexe qui nous entraîne rapidement dans son sillage. Les personnages sont très intéressants, originaux et l’histoire se tient de bout en bout. J’ai hâte de lire les suites !
Un essai intéressant sur le féminisme (Le guide du féminisme pour les hommes et par les hommes) mais un peu trop succinct et dont le ton humoristico-moralisateur m’a parfois gonflée. Mais c’est une bonne première approche pour qui voudrait comprendre un peu plus d’où vient le féminisme et quelle est son utilité. À conditions de prendre du recul sur le ton pour certains items.
De belles découvertes avec Hypérion Tome 1, Nos vies désaccordées ou encore Une longue impatience mais pas au point d’être des coups de cœur. J’ai beaucoup apprécié le style et la langue (notamment pour Une longue impatience) et je sais que je lirais le deuxième tome d’Hypérion avec plaisir. Mais pour les trois il m’a manqué quelque chose. Nos vies désaccordées était un peu court, j’aurais aimé plus d’approfondissement. À l’inverse, j’ai lâché Une longue impatience sur la fin qui tournait un poil en rond pour moi et devenait redondant.
J’aurais aussi lu Et au pire on se mariera dont je ne sais que penser. Il m’a mise très mal à l’aise (ce qui est bien sûr le but recherché), cette gamine m’a touchée et bouleversée mais… je ne sais pas. Il y a un côté too much que je n’ai pas apprécié. In fine, je ne sais pas si c’est un livre que j’ai apprécié ou que je n’ai pas aimé du tout… haha.
Et enfin, une Patate d’or avec Moi et les Aquaboys. Là encore un scénario un peu faiblard, des personnages qui pourrait être intéressant mais qui se révèlent caricaturaux, des facilités, des dialogues creux… pas pour moi hélas.

Et pour la suite ?

Pfiou, avec Noël qui approche, je ne me projette pas. Je tenterai de faire au mieux pour le blog mais on verra !

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[BD] Globules et conséquences

9782749308791FS
Auteur : Catherine Pioli
Éditeur : Vents d’Ouest
Nombre de pages : 152

La vie de Catherine Pioli bascule le jour où on lui diagnostique une leucémie aiguë. Son monde chavire, elle est désormais de l’autre côté du miroir : celui de la maladie et des malades. Celui des hôpitaux et des patient.es.
Entre séances de chimio qui n’en finissent pas, le quotidien morne de l’hôpital, les fatigues chroniques, les médicaments, les soins infirmiers… elle nous raconte ici son parcours, son combat.

2451_P17Globules et conséquences et une BD témoignage aussi dramatique que magnifique. Dramatique parce qu’il est ici question de maladie, de souffrance, de combat quotidien, de désillusion, de mort. Magnifique parce que c’est un témoignage vrai, juste, sans faux-semblant mais sans misérabilisme non plus. Catherine Pioli réussi le tour de force de nous décrire son quotidien avec autant de sérieux que d’humour, d’ironie que de détachement.
Certaines pages sont très instructives (sur le corps médical, le système immunitaire….), d’autres franchement hilarantes quand d’autres encore sont glaçantes de réalisme (la double page où elle se regarde dans le miroir me marquera longtemps). Je suis impressionnée de voir le recul qu’a pu prendre Catherine Pioli sur elle-même et sur sa maladie ! Tout du long, on comprend bien que malgré sa leucémie, elle ne veut pas se réduire à ça : une malade. Une cancéreuse. Parce que c’est aussi une femme, une illustratrice, une pinailleuse, une rêveuse…

Le dessin est simple, épuré, très doux, presque à l’opposé de son quotidien de combat. Oscillant entre couleur et noir et blanc, entre détaillé et esquissé, donnant l’impression d’être au diapason de l’état d’esprit de l’autrice.

J’ai aimé que La BD se termine sur un court dossier expliquant l’importance du don de moelle osseuse. En tant que lecteur, nous ne sommes pas seulement lecteurs des malheurs de Catherine mais nous avons la possibilité (très, très simplement) de devenir à notre tour acteur pour aider des malades. J’ai trouvé cet ajout indispensable. Sans être moralisateur ou culpabilisant, il présente toute la marche à suivre pour devenir donneur (de moelle osseuse ou simplement de fonds, pour la recherche).

Une BD témoignage magnifique, une femme qui force l’admiration. Une lecture dont on sort retournés avec une seule envie : s’inscrire sur le registre de don de moelle osseuse.

En trois mots : Fort. Vrai. Bouleversant.

Juillet 2018 – Le Bilan

Bonjour à tous.tes !

Après un mois de vacances à profiter du soleil (Hourra !), le blog reprend vie. En commençant par un petit bilan du mois de juillet (mieux vaut tard que jamais, non ?).

Que retenir de juillet ?

Du soleil, des randos, de la lecture, des orages, des biches, du train, de la lecture dans le train, du bus, du stop, de la plage, de la lecture sur la plage, de la forêt, des montagnes, des glaces, des nuits sous tentes, de la lecture sous la tente, des jus de fruits, des pastèques… Bref, des vacances ! You-pi !
Forcément, l’activité sur le blog s’en est ressentie puisque je l’ai abandonné un mois complet mais ça ne m’aura pas empêché de lire (bien au contraire !). Le mois de juillet précédent s’est donc clôturé sur 9 romans lus, 14 BD (dont 2 jeunesses), 18 mangas et 1 comics. De manière générale, ce mois n’aura pas été fou. Beaucoup de mes lectures m’ont déçues ou ennuyées, j’en attendais souvent plus et mieux. Un bilan mitigé donc. La quantité était au rendez-vous (surtout pour les romans), mais pas la qualité, hélas.

En détail ça donne quoi ?

Deux coups de cœur BD :

  • Un monde en pièce, une BD parfaite tant dans l’idée, le scénario ou le dessin. Pour l’instant il s’agit de mon coup de cœur de l’année ! (chronique à venir)
  • Globules et conséquences, un témoignage juste, vrai et sans concession sur la leucémie. C’est beau, c’est triste, c’est fort ! (Retrouvez la chronique ici)

Les quatre étoiles BD-Comics-Mangas :

  • Le parc ; une BD très intéressante sur la vengeance et les drames quotidiens. (chronique à venir)
  • Seven to Eternity Tome 2 ; j’avais adoré le premier tome de ce comics très noir, le second est encore meilleur à mes yeux. De la Dark-Fantasy très fine, des personnages hyper intéressants, un dessin sublime et un univers riche et foisonnant. J’attends la suite avec grande impatience !
  • Radiant Tomes 1 à 5 ; le seul manga français traduit au japon et qui depuis peu à même son animé ! Je ne pouvais pas passer à côté. Et je dois dire que je suis complètement tombée dedans ! Moi qui ne suis pas du tout le public cible des shonen, j’ai a-do-ré !
  • Beyond the Clouds ; une nouveauté manga au graphisme superbe ! L’histoire commence plutôt bien avec cette amitié entre ce garçon plein de rêves et cette fillette tombée du ciel. Pour l’instant le rythme est bon, les personnages et l’intrigue accrochent bien. J’ai hâte de voir la suite (et j’espère que ça restera dans la même veine !).

Les Patates d’Or :

  • Peter Pan Tomes 5 et 6 ; Je n’avais toujours pas lu l’incontournable série de Loisel, c’est désormais chose faite. Mais alors, autant j’ai aimé l’idée de revisiter le mythe de Peter Pan, autant je n’ai pas du tout accroché avec la manière dont Loisel fait ça. Cette série est d’un racisme et d’un sexisme sans nom. Peter m’a gonflée tout du long, je n’ai eu aucune attache avec les personnages et le scénario m’a paru bien long. Six tomes pour une série qui aurait pu en compter trois maximums, à mes yeux. Je dois bien être une des rares à être totalement passée à côté de cette série culte…
  • Mon ami le cauchemar ; Que de lourdeur dans cette BD jeunesse. Le personnage principal est lourd et too much. Le scénario est lourd et too much. Les dialogues sont lourds et too much. Bref, rien ne m’a convaincu. L’histoire de base paraissait sympa pourtant avec cette jeune fille qui n’a peur de rien et ce cauchemar perdu en ville. Mais non. C’est totalement tombé à plat et je me suis ennuyée de bout en bout.
  • Horizontale – journal d’une grossesse allongée ; Dans le style ennuyeux… celui-ci tire la palme. Bien sûr que je m’attendais à ce que ce soit lent, contemplatif et qu’il ne se passe pas grand-chose dans cette BD et d’habitude j’adore les BD qui prennent leur temps, qui jouent sur l’ambiance et où il ne se passe « rien ». Mais là, c’est froid, creux et survolé. Même le graphisme ne m’a pas emballée. Dommage…
  • Universal War One Tome 6 ; Allez, avec celui-là je suis un peu dure, ce n’est pas exactement une Patate d’Or, plutôt une immense déception. La fin du quatrième m’avait scotchée, j’étais à fond ! J’en attendais donc beaucoup des deux derniers. Le cinquième tome m’avait moyen convaincue mais j’attendais le final avec impatience, final que j’espérais haut en couleur et in-croy-able ! Sauf que non, ça n’a pas marché avec moi. Une fin que j’ai trouvée trop facile, trop tirée par les cheveux. Hyper décevante…

Et du côté des romans ?

Un mois qui ne fut pas extraordinaire. J’ai tout de même eu trois très bonnes lectures sur neuf (un tiers, ouf !) mais le reste m’aura soit carrément déçue, soit laissée de marbre. Pour les trois excellentes lectures, j’ai nommé Point cardinal de Léonor de Récondo, tout d’abord. Un texte très fin et très sensible pour parler de la transexualité. La plume de l’autrice arrive à faire passer toutes les émotions et les pensées du personnage principal avec une grande finesse. J’aurais juste aimé que le roman soit plus long pour creuser encore les sentiments de la famille et les relations entre les personnages (chronique à venir). L’ombre de nous-mêmes, ensuite, de Karine Reysset m’a aussi beaucoup plu. Ces deux femmes emprisonnées et la fille de l’une de ces femmes qui se livrent sans tabou, sans filtres sont extrêmement touchantes. J’ai aimé la forme, j’ai aimé le fond. Là encore, un roman très sensible et subtil qui aborde de nombreux points de sociétés dont on parle assez peu, finalement. Enfin, j’ai aussi beaucoup aimé Auprès de moi toujours de Kazuo Ishiguro. Tout se joue sur l’ambiance, la lenteur, les non-dits. Un roman qui dérange, fait réfléchir, surprend, agace, plait, fait rire, espérer… bref, un roman complet. J’ai aimé le côté ambigu présent tout du long. Le style très poétique. Les personnages très humains. Une bien belle découverte !
Deux autres lectures m’auront marquées positivement : La maison du scorpion de Nancy Farmer qui est une très bonne dystopie jeunesse. Mais voilà, peut être un poil trop jeunesse pour moi. J’ai bien aimé, je me suis laissée prendre par ma lecture mais le tout était quand même assez facile. On achève bien les chevaux de Horace McCoy m’aura aussi beaucoup fait réfléchir. J’ai aimé la forme et la structure du récit, mais j’ai moins aimé les personnages. Mais rien que pour le sujet inattendu et le découpage, ce roman mérite d’être lu !
Et puis viennent les déceptions. Avec L’étrange vie de Nobody Owens de Neil Gaiman que j’aurai mis un temps fou à lire. Un roman que j’ai trouvé trop lent, trop surfait, hélas. J’en attendais beaucoup de ce conte (peut-être trop ?) mais finalement il ne m’aura pas touchée. Peut-être l’ai-je lu à la mauvaise période ? La folle rencontre de Flora et Max ensuite ne m’aura pas emballée plus que ça non plus. De bonnes idées, de bonnes réflexions mais tout va trop vite et c’est trop facile, une fois encore. Je n’y ai pas cru et ne me suis pas attachée aux deux personnages principaux.
Enfin, deux Patates d’Or que sont Il y a un garçon dans les toilettes des filles de Louis Sachar, là encore un ramassis de sexisme, de clichés et de facilités (alors même que le sujet est important, grave et beau. Dommage qu’une fois de plus le traitement ne suive pas. Mais alors pas du tout). Et enfin La loi du cœur de Amy Harmon qui malgré de bonnes idées et quelques twists intéressants (qui m’ont surprise) m’a paru bien plat et (souvent) ridicule.

Et pour la suite ?

Août touche à sa fin, la rentrée littéraire commence, ça sent les bonnes lectures à venir ! Autant j’adore les vacances, autant j’aime tout autant la rentrée ! J’espère pouvoir poster les chroniques prévues ainsi que quelques articles plus généraux sur des réflexions ou des thèmes différents. Mais les journées ne faisant que 24h… on verra bien comment ce mois d’août se terminera !
Encore merci à celles et ceux qui passent par ici, laissent un mot ou un « j’aime » et à bientôt sur ce blog ou ailleurs 😉

Les p’tits vendredis

Le rayon jeunesse regorge de trésors plus ou moins connus. J’aime particulièrement me perdre dans les albums jeunesses, dont les graphismes et les thèmes sont incroyablement variés. On trouve de tout : de l’humour, de l’aventure, de la poésie, de la couleur, du noir et blanc, du caricatural, du détaillé, du minimaliste…
Certains vendredis, lorsque le temps et l’envie seront au rendez-vous, je vous présenterai donc trois ou quatre albums jeunesses coup de cœur, connus ou non, récents ou non, qui me semblent incontournables !

Sans plus attendre, voici donc ma première sélection des p’tits vendredis :

  • Le pêcheur et le cormoran

9782877677646FSAuteur : Stéphane Sénégas
Éditeur : L’École des Loisirs – Kaléidoscope
Chaque jour, un pêcheur solitaire vient sur le lac attraper des poissons. Un matin, alors qu’il pêche paisiblement, un cormoran s’approche de sa pirogue… c’est le début d’une belle histoire entre l’homme et l’oiseau.
Le pêcheur et le cormoran est un album jeunesse magnifique. L’histoire très poétique est servie par un superbe graphisme en noir et blanc, épuré, détaillé, qui n’est pas sans rappeler les estampes japonaises. L’objet-livre en lui-même est très travaillé, en format à l’italienne avec dos toilé. Un superbe album à découvrir absolument qui plaira autant aux enfants qu’aux parents. À lire dès 4 ans.

  • C’est l’histoire d’un éléphant

9782848655055FSAuteurs : Agnès de Lestrade et Guillaume Plantevin
Éditeur : Sarbacane éditions
La couverture annonce la couleur, cet album est sous le signe de la bougonnerie !
C’est l’histoire d’un éléphant qui n’est vraiment pas content parce qu’il a mal dormi cette nuit à cause d’une chauve-souris qui a fait du bruit toute la nuit au-dessus de son lit. Pris par sa mauvaise humeur, il va mal se comporter avec un singe. C’est donc l’histoire d’un singe qui n’est pas content à cause d’un éléphant qui n’était pas content…
Voilà un album jeunesse qui joue sur le principe de répétition et d’exagération, jusqu’à la chute inattendue et très drôle qui nous ramène au début. Le genre d’histoire sans fin qu’on aime lire en boucle pour le plaisir. Le graphisme très rond et coloré appuie totalement le côté humour frais décalé et rend les animaux très expressifs.
Une histoire hyper drôle qui plaira aux plus petits dès 3 ans.

  • La petite grenouille qui avait mal aux oreilles

9782878334913FSAuteur : Voutch
Éditeur : Circonflexe
Rien ne va plus pour la petite grenouille, voilà qu’elle a mal, très mal, aux oreilles ! Et elle a beau passer de spécialistes en spécialistes, pas un n’est en mesure de la soigner ! Houyouyouye ! Qu’est-ce qu’elle peut bien avoir cette pauvre grenouillette ?
Un album très drôle, au graphisme très expressif, rempli de jeux de mots et d’expressions détournées. Du pur Voutch ! La chute est totalement inattendue et vraiment chouette. Un album qui plaira aux enfants (et aux plus grands !) dès 3 ans !

Challenge Pavé de l’été

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Je fais partie de ces personnes qui adorent l’été.

J’aime le soleil, la chaleur, le temps qui ralentit, les randos, les bivouacs, les rivières, les baignades au lac, les glaces, les shorts, les gaspachos, les melons, pastèques, pèches et autres fruits coulants. Et l’été, j’aime me poser au soleil avec un bon gros pavé qui m’emportera des heures durant.
Ça tombe à pic pour moi puisque j’ai découvert que Brize organise chaque année un challenge « pavé de l’été ». Pour réussir, il faut lire au moins un pavé durant l’été (donc entre le 21 juin et le 21 septembre). Qu’est-ce qu’un pavé selon Brize ? UN volume d’au moins 600 pages de texte (sans compter les annexes).

Je pensais avoir trois pavés au choix mais en vérifiant ma PAL j’en ai découvert un de plus ce qui monte en fait mon choix à quatre pavés pour cet été :

9791028107130FSCombien de pages ? 832
De quoi ça parle ? Phèdre nó Delaunay a été vendue par sa mère alors qu’elle n’était qu’une enfant. Habitant désormais la demeure d’un noble pour le moins énigmatique. Elle y apprend l’histoire, la théologie, la politique et les langues étrangères, mais surtout… les arts du plaisir. Car elle possède un don unique, cruel et magnifique, faisant d’elle une espionne précieuse et la plus convoitée des courtisanes. Rien ne paraît lui promettre un destin héroïque.
Or, lorsqu’elle découvre par hasard le complot qui pèse sur sa patrie. Terre d’Ange, elle n’a d’autre choix que de passer à l’action. Commence alors pour elle une aventure épique et déchirante, semée d’embûches, qu’il lui faudra mener jusqu’au bout pour sauver son peuple.

Il me tente ? Oh oui, beaucoup ! J’ai vu passer beaucoup de chroniques très entousiastes sur ce roman et j’ai profité des 10 ans, 10 titres, 10 euros de Bragelonne pour enfin me le prendre. Maintenant, j’ai hâte de le lire !

9782290054048FSCombien de pages ? 602 (Il rentre tout juste, je ne pensais pas)
De quoi ça parle ? Les druides règnent sur une forêt primordiale et sacrée sise au coeur du monde. Détenteurs d’une sagesse millénaire, ils sont les gardiens du Pacte Ancien, dont le respect garantit la paix entre les peuples. Mais un crime de sang d’une violence inouïe met en péril le fragile échiquier politique des royaumes du Nord. Le druide Obrigan, aidé de ses deux apprentis, ne dispose que de vingt et un jours, pas un de plus, pour élucider les circonstances du drame, faute de quoi une guerre totale éclatera.
Et tandis que le compte à rebours tourne, chaque lune apporte son lot de nouveaux cadavres, l’entraînant toujours plus loin dans l’horreur…
Il me tente ? Plutôt oui. Je n’ai encore jamais lu Péru en roman (uniquement en BD) et j’aimerais beaucoup le découvrir. J’en entends beaucoup de bien autour de moi, ce serait enfin l’occasion ! Et puis c’est un one-shot alors pourquoi pas ?

9782290127957FSCombien de pages ? 736
De quoi ça parle ? Quelque part dans la forêt de Vyanthryr réside le Roi-Diseur, l’oracle légendaire. Dernier espoir d’une nation ravagée par la guerre civile, le capitaine Rana remonte le fleuve à sa recherche, entraînant dans sa quête une poignée de braves. Personne n’a jamais navigué si loin en amont, à des milles de toute civilisation. Et pourtant, voilà qu’un naufragé dérive à leur rencontre, accroché à une simple branche.
Qui est-il, et que lui est-il arrivé ? Lui qui se fait appeler « le Bâtard », est-il un simple humain, ou l’héritier d’un sang plus ancien ? En ces terres du Nord, les géants et les dieux marchent encore sous les arbres. Déjà, la forêt frémit des prémices de leur colère…
Il me tente ? Grave. J’adore le travail des moutons électriques et celui-ci n’a eu que de la bonne presse. Ce serait l’occasion de le découvrir enfin après tout ce temps !

9782253001676FSCombien de pages ? 912
De quoi ça parle ? Une jeune femme assassinée dans un hôtel sinistre de Manhattan. Un père décapité en public sous le soleil cuisant d’Arabie Saoudite. Un chercheur torturé devant un laboratoire syrien ultrasecret. Un complot visant à commettre un effroyable crime contre l’humanité. Et en fil rouge, reliant ces événements, un homme répondant au nom de Pilgrim. Pilgrim est le nom de code d’un individu qui n’existe pas officiellement.
Il a autrefois dirigé une unité d’élite des Services secrets américains. Avant de se retirer dans l’anonymat le plus total, il a écrit le livre de référence sur la criminologie et la médecine légale. Mais son passé d’agent secret va bientôt le rattraper…

Il me tente ? Bof. C’est celui de ma PAL qui me tente le moins. Il y a peu de chance que je le lise celui-là, il risque de rempiler pour un an.

Surtout de la Fantasy et un Thriller, un choix plutôt large. J’espère en lire au moins un ! Verdict de ma réussite (ou de mon échec cuisant) le 22 septembre précisément !

Et vous, avez-vous prévu de lire des pavés cet été ?

[BD] Chromatopsie

9782377540099FS
Auteur :
Quentin Zuttion

Éditeur : Lapin
Nombre de pages : 236

Chromatopsie, ce sont onze nouvelles. Onze nouvelles qui parlent du corps, de l’autre, du couple, d’identité, d’amour. De notre rapport au corps, de notre rapport à l’autre, de notre rapport à notre identité.

Il y a cette fille lesbienne, coincée dans une famille rigide et rétrograde.
Il y a cet enfant qui rêve d’aller à l’anniversaire de son ami avec sa robe de fée-princesse.
Il y a ce jeune homme qui s’efface, cette jeune femme qui hait son corps, ces deux enfants qui se découvrent pour la première fois.
Et il y en a bien d’autres.
Fatigués, en colère, amoureux, apeurés, apaisés… Onze personnages esquissés à travers ces nouvelles, pour onze ambiances différentes, onze palettes d’émotions. Chacune représentée par une couleur symbolique.

J’ai tout aimé dans ce recueil. Le propos de chaque nouvelle, le ton tantôt serein, tantôt corrosif ; l’ambiance, le graphisme tout doux, les couleurs pâles… Une impression de pure bienveillance se dégage de cet album, renforcé par le dessin épuré et la colorisation très pastel. Les personnages ne sont pas jugés, moqués, décrédibilisés ou autre. Ils sont. Point. Et Quentin Zuttion les présente tels quels avec leurs beautés et leurs laideurs, leurs forces et leurs complexes, leur mal être et leur curiosité. À chaque fois il évite l’écueil du cliché pour présenter des hommes et des femmes vrais, entiers tous différents et uniques à l’image de ce petit garçon qui aime les robes et de ses parents qui ne s’en inquiètent pas mais au contraire le soutienne. Ou de ce jeune garçon et de cette jeune fille qui explorent leur corps ensemble avec respect et attention.

Mes trois nouvelles préférées restent incontestablement « orange », « jaune », et « grises » ; la première présentant une jeune femme mal dans sa peau à qui l’on répète inlassablement « qu’il faut souffrir pour être belle, ma chérie » ; la seconde se focalisant sur cet enfant qui va à l’anniversaire de son copain en robe et la dernière montrant cette vieille femme en fin de vie. Ce sont pour moi les nouvelles les plus fortes et les plus justes.
Pour autant les autres m’ont aussi beaucoup marquée j’ai aimé découvrir chaque tranche de vie avec ses douceurs et ses violences (à l’image de la nouvelle qui ouvre ce recueil qui est d’une violence contenue absolument dingue).

Un recueil de nouvelles atypique qui mériterait d’être plus connu tant il est beau, doux et juste.

En trois mots : Bienveillant. Réaliste. Fort.

[Roman] Peindre, pêcher & laisser mourir

9782330055974FS
Auteur : Peter Heller

Éditeur : Actes Sud (Grand format) – Babel (Poche)
Nombre de pages : 379

« Voilà l’autre leçon que m’a enseignée Irmina. Les gens qu’on aime ont le droit de nous quitter. Elle n’a cessé de me l’enseigner. »

Après un drame personnel, Jim Stegner, peintre en vogue, est venu s’installer dans une petite ville du Colorado. Il espère ainsi se couper du monde et se dédier entièrement à ses deux passions : la peinture et la pêche. Un matin, alors qu’il part pêcher, il croise deux brutes maltraitant une jument. Son sang ne fait qu’un tour, il intervient sur-le-champ, avec rage. Sans savoir qu’il s’en prend à l’un des hommes les plus dangereux des environs. Cet incident anecdotique, est pour lui le début d’une descente aux Enfers.

J’avais eu un très grand coup de cœur pour La constellation du chien, précédant roman de Peter Heller, aussi lorsque j’ai vu son deuxième à la médiathèque me suis-je empressée de l’emprunter. On retrouve la même plume aride, le style incisif, à la fois brutal et poétique. Et un personnage sur le fil du rasoir tout le long du roman. J’en attendais beaucoup et je dois dire que je n’ai pas été déçue.

On suit ici Jim Stegner, un homme à la fois simple et complexe. D’un côté, il aimerait vivre en paix et en harmonie avec la nature, loin des hommes et de la rage du monde. Vivre de sa peinture, de la pêche, d’un bon feu… au fond, un rien lui suffit tant qu’on le laisse en paix. Mais d’un autre côté, ce même Jim Stegner est un faux-calme, habité par une colère permanente face à la folie et la bêtise humaine. C’est un impulsif qu’un rien peu faire déraper : une discussion vaseuse dans un bar, une interview hypocrite et condescendante, une jument frappée sans raison…
Cette violence qui l’habite a longtemps était démultipliée par la boisson, aussi, ça fait plusieurs années que Jim fait tout pour ne plus boire. Pour étouffer cette rage, la contrôler, la refouler. Parce qu’à chaque fois il se retrouve dans des situations impossibles qui sont déjà allées jusqu’à quelques mois de prison pour avoir tiré sur un homme à bout portant, dans un bar. Un homme ambigu donc qui ne rêve que de paix et d’oisiveté mais qui lui-même se laisse facilement aller à la violence face à une situation qu’il juge injuste ou cruelle.
Peter Heller profite du caractère de Jim pour poser la problématique de la légitimité de la violence lorsque l’on combat le mal. Que l’on défend des valeurs, des droits. Vraiment intéressant !

Le roman est raconté à la première personne, du point de vue de Jim et l’on retrouve bien sa personnalité dans le style. La narration est maitrisée de bout en bout ; on se perd dans des passages très contemplatifs et poétiques de cette nature sauvage, omniprésente, de l’Ouest Américain lorsque tout à coup, la narration est coupée par de l’action, par un enchainement de scènes rapides, brutales et violentes. Un rythme parfait qui nous emporte, nous transporte, nous affole et nous relâche.
De tout découvrir par les yeux de Jim, en, même temps que lui augmente la tension présente tout au long du récit. L’auteur joue avec nos nerfs et nos émotions : jusqu’où tout cela va-t-il aller ? Jim va-t-il s’en sortir ? Et si oui, à quel prix ?

Peindre, pêcher & laisser mourir est un roman magnifique qui n’est pas sans rappeler du David Vann ou Richard Wagamese où l’on retrouve cette même contemplation de la nature opposée à la violence des personnages et de leur vécu. Un récit qui prend aux tripes et qu’on ne lâche pas, qui fait réfléchir, hésiter, sourire et grincer des dents. Un auteur à lire. Définitivement.

« Nous pouvons avancer dans la vie aussi facilement d’amour en amour que de perte en perte. »

En trois mots : Âpre. Prenant. Violent.

[BD] Vagin Tonic

9782203148574FSAutrice : Lili Sohn
Éditeur : Casterman
Nombre de page : 272

On est dans une société où la femme est hyper sexualisée ; que ce soit dans les publicités, dans les BD, dans les films, les séries, etc. La Femme fait rêver, son corps fait rêver, fantasmer même, et on ne se prive pas de le montrer partout, sous toutes les coutures, à toutes les sauces. À partir de là, on pourrait penser que l’anatomie féminine n’a plus de secret pour personne face à tous ces seins, toutes ces fesses ou ces hanches présent.es autour de nous.
Et pourtant…
Et pourtant, grand paradoxe, le sexe féminin est aujourd’hui encore un grand tabou. Hommes comme femmes, nous sommes pétris de préjugés et l’on ignore toujours beaucoup de choses sur cet organe. Tout ce qui touche à notre entrejambe dérange. Les règles ? C’est sale, on ne veut pas en entendre parler ! Le clitoris ? Comme si c’était important, ça ne sert pas à la reproduction, enfin ! Et puis n’écarte pas les jambes comme ça Juliette quand tu t’assois, on voit ton entrejambe, c’est vulgaire !
(Et j’exagère à peine…)

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C’est en partant de ce constat qu’est née l’idée pour Lili Sohn de créer un blog, puis une BD autour de la vulve. Aujourd’hui, avec Vagin Tonic, elle nous livre un guide décomplexé du sexe féminin ; et ça fait sacrément plaisir ! Son but : lutter contre la désinformation et les tabous. Parce qu’autant le pénis, le zizi, la bite on en entend parler à tout bout de champs (suffit de voir le nombre d’expression qui tourne autour : « Casser les couilles » ; avoir des couilles » ; « comme ma bite ! » ; « s’en branler » et j’en passe) autant la chatte, la zézette, la foufoune est bien souvent reléguée aux oubliettes. C’est un sujet tellement honteux que beaucoup de jeune filles n’osent pas poser la moindre question sur cet organe, sur leur propre corps comme si elles étaient coupable de… de quoi au fait ? D’être née avec un sexe féminin ? C’est normal pour un garçon de se poser des questions sur son sexe, de le regarder, le toucher, l’admirer. Mais pour une fille ? Dieu que c’est sale ou vulgaire ! On n’aurait pas idée de prendre un miroir pour aller s’admirer la… le… enfin ça quoi. Mais pourquoi donc ?

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Cette désinformation peut être dangereuse et c’est bien contre cela que veut lutter Lili Sohn. Ainsi, en 270 pages on passe de la question « qu’est-ce qu’une femme ? » à l’avancée de la médecine à travers le temps sur le sujet (enfin… avancée, avancée… on pourrait dire reculée plutôt), en passant par les règles, la reproduction ou les rendez-vous chez le gynécologue entre autre. L’autrice reprend point par point l’anatomie féminine, le tout avec des dessins frais, colorés et pleins de peps ; un texte plein d’humour qui nous prend à parti et de nombreuses références scientifiques qui nous donnent la possibilité de notre côté de creuser le sujet si l’on souhaite.

Une excellente BD de vulgarisation, complète et recherchée qui répondra à beaucoup de questions et en décomplexera plus d’un.e ! À mettre entre toutes les mains : hommes, femmes, jeunes ou moins jeunes !

En trois mots : Instructif. Drôle. Pertinent.

[BD jeunesse] Aubépine Tome 1 – Le génie Saligaud

9782800173795FS
Auteurs :
Karensac et Thom Pico
Éditeur : Dupuis
Nombre de pages : 99

Depuis maintenant plusieurs générations, des oiseaux géants migrent toujours à la même période, détruisant tout sur leur passage, c’est la grande migration. La maman d’Aubépine, une célèbre ornithologue, est chargée de résoudre ce problème. Ce qui vaut à toute la famille de déménager dans un trou perdu en montagne, au grand dam de la petite fille. Déjà, son grand frère ne reste pas avec eux. Ensuite, il n’y a que des vieux, pas de jeux, rien à faire. Même la connexion internet rame… quelle poisse !
Un beau jour, en se baladant, Aubépine tombe sur un objet spécial d’où émerge un génie. La fillette a désormais trois vœux qu’il est prêt à lui exaucer…

Aubépine est une BD jeunesse pleine de fraicheur. On suit cette petite fille qui s’ennuie, seule, loin de son quotidien habituel, dans ce trou paumé où il n’y a rien à faire. Et pire que tout : où il n’y a personne avec qui ne rien faire. Aussi, lorsqu’elle rencontre un génie qui lui offre trois vœux elle voit l’occasion de changer sa situation actuelle ! Sans même prendre garde qu’un génie qui a pour nom « Génie Saligaud » ne doit pas être très digne de confiance… de ses vœux vont découler de grands bouleversements qui risquent bien de changer la face du monde… !

aubépine-2Aubépine est une héroïne très attachante. Elle a mauvais caractère (un peu), est intrépide (beaucoup), impulsive (énormément) et impertinente (quand il le faut). J’ai tout de suite accroché à cette fillette qui a du répondant et de la curiosité à revendre. Son évolution au fil de la BD est vraiment bien menée : elle accepte ses erreurs, les surmonte et en tire des leçons pour ne plus les reproduire. Son chien, Pelade, est aussi attachant qu’elle et ce duo nous tient en haleine tout au long de leur (folle) aventure.
La BD évite avec brio l’écueil du cliché. Aubépine est une fille et adore les jeux vidéo (et les jeux vidéo de combat !). Elle a beau aimer les jeux vidéo, ça ne fait pas d’elle une geek asociale déconnectée de la réalité. Elle est assez débrouillarde pour ne pas subir ce qui lui arrive mais pour y faire face vaillamment. Une vraie réussite de la part des auteurs qui évitent à chaque fois de tomber dans la facilité !

Il est ici question d’aventure, d’amitié, d’écologie, mais pas que. Subtilement, les auteurs placent aussi au centre de leur réflexion le fait d’accepter la conséquence de nos actes, de se méfier de ce que l’on désire et surtout, de se méfier de la manière dont on le désir. Des thèmes intéressants, et pour le coup, très bien traités ; sans tomber dans la leçon de morale.
Pour finir, je soulignerai aussi le superbe graphisme de Karensac : coloré et tout en rondeur il n’est pas sans rappeler Mortelle Adèle. Le dessin très expressif nous rend les personnages d’autant plus sympathiques. Les couleurs vives soulignent l’ambiance de la BD et grâce à une mise en page ingénieuse, permettent de donner un rythme enlevé au récit.

Une BD jeunesse coup de cœur, pleine d’humour, d’aventure, de rebondissements et de réflexions. Un premier tome accrocheur dont j’attends la suite impatiemment !
À lire dès 7 ans.

En trois mots : Frais. Drôle. Rythmé.

Juin 2018 – le Bilan

Bien le bonjour !

Je ne sais pas pour vous, mais j’ai à peine eu le temps de cligner des yeux que juin était parti, remplacé en bonne et due forme par juillet.

Que retenir de juin ?

Ça aura été l’occasion pour moi d’ouvrir ce blog et de faire mes premiers pas dans le monde fascinant de la blogosphère.
J’avoue que je pensais voguer seule sur mon petit radeau pendant un long moment alors même que vous êtes déjà un petit nombre à être passé par ici. Un grand merci pour ça ! Ce blog n’a clairement pas vocation à devenir le numéro 1 celui qui sera suivi par des milliers de fans en délire, je ne fais pas la course aux abonnements ou aux commentaires mais soyons honnêtes : la simple possibilité de pouvoir échanger avec quelques personnes autour d’une passion commune est super chouette, enrichissant et très motivant. Donc une fois encore, merci à tous pour votre passage et parfois pour vos petits mots !

Et sinon, niveau lecture ?

Ce mois de juin se solde donc par la lecture de 46 BD (dont 11 BD jeunesse), 25 mangas et 5 romans. Plus un roman abandonné.
Un mois plutôt classique par rapport à mon rythme habituel.

Qu’est-ce que je retiens de tout ça ?

Deux coups de cœur BD :

Les BD quatre étoiles :

  • Le Gecko ; retrouvez la chronique ici.
  • Charogne ; retrouvez la chronique ici.
  • Il faut flinguer Ramirez ; un excellent premier tome qui annonce une série polar réfléchie, déjantée et accrocheuse ! (chronique à venir)
  • Rat et les animaux moches ; un très beau conte sur la différence et la tolérance ! (chronique à venir)
  • Dept. H Tomes 1 et 2 ; un polar en huis clos qui se passe dans une base sous-marine. Le graphisme est particulier mais il colle tout à fait à l’ambiance qui se dégage de la BD. (chronique à venir)
  • Les oubliés de Prémontré ; une autre manière de parler de la Première Guerre Mondiale à travers cet asile psychiatrique. (chronique à venir)
  • Chromatopsie; un recueil de nouvelle sur le couple, la différence et l’identité. Des sujets aussi beaux et doux que le graphisme ! Retrouvez la chronique ici.
  • Terra Doloris ; la suite de Terra Australis une superbe BD sur la colonisation de l’Australie. Ici, dans Terra Doloris, on voit ce que sont devenus certains personnages de Terra Australis, quelques mois ou années après l’arrivée en Australie.
  • Imbattable Tome 2 ; Imbattable, le superhéros qui sait qu’il est dans une BD et qui joue de ses codes. Le second tome est aussi réfléchi que le premier, une pépite !

 Les mangas quatre étoiles :

  • L’enfant et le maudit Tome 4 ; une série envoutante que j’adore tant par son graphisme que pour l’ambiance ou l’histoire. Encore un tome qui apporte son lot de questions !
  • Isabella Bird Tome 3 ; La suite du périple de l’aventurière anglaise. Une série très intéressante tant pour ses personnages que pour le contexte historique.
  • L’atelier des sorciers Tomes 1 et 2 ; j’ai enfin pu découvrir cette nouveauté qui a fait tant de bruit et je dois me ranger à l’avis général : c’est une petite merveille tant dans les graphismes que dans l’histoire !
  • Made in Abyss Tome 1 ; un début très intrigant et prometteur, un monde original et des personnages attachants !

Les Patates d’Or :

  • Inversion ; l’idée du scénario est intéressante et aurait pu donner une excellente BD (un homme qui perd pieds face à la réalité pour ne vivre que dans ses rêves) mais le traitement est fade, trop rapide et rempli de clichés… même le graphisme ne suit pas.
  • Presque maintenant ; là encore un scénario qui annonçait du bon, de l’intéressant, de l’intrigant ! Un homme qui invente des nanopills à implanter sous la peau pour suivre l’évolution de notre santé en temps réel. Mais là encore, le traitement du scnéario tombe à plat pour moi… toute la partie scientifique sur les nanopills (la partie qui m’intéressait le plus) est occultée ou traiter à la va-vite pour se centrer surtout sur l’histoire d’amour centrale du trio. Une histoire fade et à laquelle je n’ai pas cru. C’est dommage parce qu’habituellement j’aime assez ce que fait Cyril Bonin mais là pour le coup, je suis complètement passée à côté.
  • Red Sun Tome 1 ; sans doute ma pire lecture du mois. De la SF bas de gamme, des personnages mal traités auxquels on ne croit pas du tout, des clichés et de grosses lourdeurs…
  • Le monde selon Zach ; de la facilité, des clichés, des niaiseries. C’est tout ce que j’en retiens… une fois encore le scénario pouvait être touchant avec cet homme qui préfère voir la réalité à sa manière (belle et douce) mais je n’y ai pas cru une seule seconde… Et les deux personnages principaux sont creux, remplis de clichés.
  • Michel : French lover ; bon, du pur Fluide Glacial comme je n’aime pas. Un personnage principal détestable, des clichés à toutes les pages et aucune idée derrière. Aucun fond. Ma deuxième pire lecture du mois.
  • Corb-Nez ; un très beau graphisme mais c’est bien tout ce qui est à garder de cette BD. C’est dommage parce que c’est une BD sur un personnage historique trop peu connu (et sur une période historique souvent mise de côté) mais le traitement est tellement plat et cliché que j’ai décroché rapidement.

Du côté des romans ?

Quatre excellente lecture avec tout d’abord Peindre, pêcher & laisser mourir de Peter Heller. J’avais déjà adoré son précédent (La constellation du chien), j’ai tout autant aimé celui-ci. Son style d’écriture très contemplatif et râpeux, ses personnages, son intrigue. Un polar bien noir et bien construit. J’en ferai sans doute une chronique !
Une autre excellente lecture avec Calpurnia et Travis, la suite de Calpurnia. On retrouve cette richesse d’écriture, cette douceur, ces réflexions, ces personnages très attachants. Avec un côté égalitariste plus engagé. Je pense même avoir préféré ce tome au premier. Une chronique devrait suivre sous peu.
C’est ensuite Libération de Patrick Ness qui m’a totalement convaincue ! Ce style d’écriture très simple, ces personnages bienveillants, l’idée qu’il y a derrière. Une vraie réussite ! Là encore une chronique devrait suivre.
Et enfin, une très bonne lecture avec Chanson Douce de Leïla Slimani qui m’aura autant plus que mise mal à l’aise. Je ne m’attendais pas du tout à ça en entamant ma lecture, j’ai aimé être surprise de bout en bout. C’est très humain, très froid, très déstabilisant. Et en même temps, on parvient à comprendre les motivations de chacun des personnages. L’autrice a fait très fort ici !
Pour finir, une grosse, grosse déception avec le dernier tome de Half Bad. J’ai beaucoup aimé le premier tome, le second m’avait déjà peu convaincu mais j’ai complètement décroché pour ce troisième. Plus ma lecture passait, moins j’y croyais. Dommage parce qu’il y a beaucoup de bonnes idées mais le traitement et les personnages ne m’ont pas convaincus. Au contraire, ils ont fini par me lasser, voire carrément m’agacer. J’ai tout de même aimé la toute fin, l’idée qu’il y a derrière. Mais ce n’est pas une série que je conseillerais.

Et pour la suite ?

Je vais continuer au mieux ce blog (je crois que j’y prends bien goût) en essayant ce mois-ci de ne pas proposer que des chroniques. D’abord avec l’article du challenge « pavé de l’été » puis avec quelques réflexions si possibles.
Le blog va connaître une baisse d’activité fin juillet (déjà !) puisque j’ai deux semaines de vacances mais j’espère d’ici-là avoir le temps de poster plusieurs articles.
Merci encore à celles et ceux qui sont passé.es depuis l’ouverture de Chroniques Martiennes et à bientôt sur ce blog ou ailleurs 😉